Cette présentation analyse la manière dont les principaux ordres juridiques façonnent les nouveaux modèles de gouvernance de l’intelligence artificielle, en mettant l’accent sur l’Union européenne, les États-Unis et certains pays asiatiques.Dans l’Union européenne, l’AI Act (2024) établit le premier cadre réglementaire complet, contraignant et fondé sur les risques au monde en matière d’intelligence artificielle, et entre désormais dans sa phase de mise en œuvre. Parallèlement, les préoccupations croissantes liées à la complexité du cadre normatif et aux coûts de conformité ont donné lieu à des propositions d’amendements dits « Digital Omnibus », ainsi qu’à des appels en faveur d’une « pause » temporaire concernant certaines obligations applicables aux systèmes à haut risque. Les États-Unis, en revanche, présentent un modèle plus fragmenté. Au niveau fédéral, l’America’s AI Action Plan (juillet 2025) met l’accent sur l’innovation, tandis que plusieurs États — notamment le Colorado, le Texas, la Californie, New York — ont commencé à introduire des exigences spécifiques applicables aux systèmes d’IA à haut risque ou dits « de frontière » (frontier AI). En Asie, les « lois-cadres sur l’IA » émergentes dans des pays tels que la Corée du Sud et Taïwan reflètent une approche plus souple visant à instaurer des garanties de base, contrastant nettement avec le modèle plus centralisé et dirigiste adopté par la Chine. Ces trajectoires divergentes illustrent des visions concurrentes du rôle que le droit doit jouer dans l’orientation du développement de l’IA, avec des implications majeures pour l’avenir d’une gouvernance globale responsable de l’intelligence artificielle.